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À la faveur de la première triomphale de Cyrano de Bergerac, le 28 décembre 1897, Edmond Rostand conquérait Paris, la France et, très vite, le monde entier. Il entrait par là même tout vif, et à moins de trente ans, dans la légende. Depuis lors et jusqu’à nos jours, légende dorée et légende noire sont convoquées dès qu’on évoque cet auteur singulier à bien des points de vue. La légende dorée, qui fit de Rostand l’incarnation de l’auteur dramatique par excellence, est entretenue aujourd’hui encore par une pièce, Edmond, qui fait de Rostand son héros imprévu. La légende noire, quant à elle, s’est également constituée de son vivant : il serait l’homme d’une seule pièce, au lyrisme grandiloquent. Et, qui pis est, un romantique attardé. S’il prête le flanc à ces attaques, c’est parce qu’il laisse une œuvre fracturée par ses doutes et ses enthousiasmes avortés. Noire ou dorée, la légende nuit à la compréhension de cette œuvre. À force de ne plus connaître que Cyrano de Bergerac, lecteurs et spectateurs ne voient plus en Rostand qu’un survivant du romantisme cantonné dans le drame historique. C’est oublier la diversité de son œuvre, depuis le vaudeville qu’il a aimé pratiquer dans sa jeunesse jusqu’à l’étonnante féerie animale de Chantecler. Devenu prisonnier de sa gloire et des enjeux commerciaux de ses pièces, il fut tenté de « déserter » — de dire non à une Sarah Bernhardt incrédule et furieuse qui lui réclamait de nouveaux rôles ; ce n’est pas à elle qu’il disait non, mais au théâtre. Son intérêt se tourna vers des formes nouvelles : le cinéma, la pantomime et même l’idée d’un « théâtre injouable ». À côté de documents d’époque, ce riche numéro d’Europe propose de nouveaux éclairages de nature à compléter sinon à modifier l’image d’un homme et d’un écrivain qu’éclipsent trop souvent des préjugés tenaces.
À la faveur de la première triomphale de Cyrano de Bergerac, le 28 décembre 1897, Edmond Rostand conquérait Paris, la France et, très vite, le monde entier. Il entrait par là même tout vif, et à moins de trente ans, dans la légende. Depuis lors et jusqu’à nos jours, légende dorée et légende noire sont convoquées dès qu’on évoque cet auteur singulier à bien des points de vue. La légende dorée, qui fit de Rostand l’incarnation de l’auteur dramatique par excellence, est entretenue aujourd’hui encore par une pièce, Edmond, qui fait de Rostand son héros imprévu. La légende noire, quant à elle, s’est également constituée de son vivant : il serait l’homme d’une seule pièce, au lyrisme grandiloquent. Et, qui pis est, un romantique attardé. S’il prête le flanc à ces attaques, c’est parce qu’il laisse une œuvre fracturée par ses doutes et ses enthousiasmes avortés. Noire ou dorée, la légende nuit à la compréhension de cette œuvre. À force de ne plus connaître que Cyrano de Bergerac, lecteurs et spectateurs ne voient plus en Rostand qu’un survivant du romantisme cantonné dans le drame historique. C’est oublier la diversité de son œuvre, depuis le vaudeville qu’il a aimé pratiquer dans sa jeunesse jusqu’à l’étonnante féerie animale de Chantecler. Devenu prisonnier de sa gloire et des enjeux commerciaux de ses pièces, il fut tenté de « déserter » — de dire non à une Sarah Bernhardt incrédule et furieuse qui lui réclamait de nouveaux rôles ; ce n’est pas à elle qu’il disait non, mais au théâtre. Son intérêt se tourna vers des formes nouvelles : le cinéma, la pantomime et même l’idée d’un « théâtre injouable ». À côté de documents d’époque, ce riche numéro d’Europe propose de nouveaux éclairages de nature à compléter sinon à modifier l’image d’un homme et d’un écrivain qu’éclipsent trop souvent des préjugés tenaces.
Publié chez REVUE EUROPE en juin 2025, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
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